Dis-moi ce qu'on devient*

* écoute bis de l'album Labyrinthe de Feu! Chatterton

i cannot stay still. ça déborde peut-être, tant pis, c'est nécessaire. ça contient aussi.

i cannot stay still, j'en ai marre d'attendre, les pensées fourmillent alors je les emmène en balade, je les épuise

j'attends de savoir ce qu'on va devenir, j'attends de connaître la suite, celle suspendue à une administration, à une possible obligation de quitter le territoire, quel territoire, quelle échappée, j'attends sans être à côté, j'attends de savoir ce qui va devenir des boîtes dans lesquelles j'ai glissé une proposition absurde mais là, ça se construit pré-formé en deçà des mots, j'attends inquiète d'avoir un coeur ou deux ou trois etc. brisés.

j'attends et je suis impatiente, dans la rage en note de bas de page ; la compagnie voisine fait des sacs, une feuille volante écrite l'an dernier raconte encore aujourd'hui, ça se mélange, ça mijote, nous faisons des baluchons enroulés peut-être pour ne pas aller, jusqu'où, en des chemins non traversés, ensemble éloignées où trouver de l'hospitalité, amoindrir les chutes

j'attends un peu chaque jour, je suis dans l'incapacité de projeter autre chose, un week-end à la parole errante par exemple, poursuivre ce qui s'engage, non je tourne en rond, comme en cage, je bois un thé, je renonce à, j'attends demain une substance ou une autre pour assommer les craintes qui flottent trop fortes, je ralentis en accéléré ce mois de février déjà presque passé et en courant parallèle je retrace mes pas de janvier submergé, le chat ronronne

i cannot stay still, absorbée par les rumeurs désespérées tout autour, je résiste dans l'éparpillement condensé, dans les paroles déliées, dans les adresses qui répondent parfois, je mets un pantalon appartenant à ma grand-mère alors je mets un pull qui aurait pu être à un grand-père, parfois je me maquille avant la nuit juste pour rien et le matin je deviens panda, je jette tout en dehors, les crachats

i cannot stay still, restons vivant'es, familièrement, avant de devenir un nom sur une tombe, une poussière à balayer, ça déborde les rives, c'est un cycle biosphérique, après la mousse danse en chenille, quelque chose de cet ordre là ou presque, ça devient des marais où percher, et plus tard encore plus loin, des déserts où nous irons la nuit camper et se baigner sous les lunes ensablées

la vie est soudaine, ... mille vagues t'emportent, mille vagues te renversent, tu ne connais plus la peur