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Flâneries - la lenteur

contribution pour le numéro 3 de la revue Flâneries - la lenteur


1. Une trouvaille

ici on pourra mettre des photographies et fragments de conversation quand j'ai découvert le numéro deux de la revue dans une librairie par hasard ; ses spirales oranges

Une exploration délicate

Le tatônnement face à un bel ouvrage

07/03/25 - 10:16 - bibliomancie
07/03/25 - 10:16
07/03/25 - 10:29
07/03/25 - 10:40
07/03/25 - 10:48
07/03/25 - 11:17 - j'attends le soleil
07/03/25 - 11:33
07/03/25 - 11:40
07/03/25 - 12:15
07/03/25 - 12:45

2. Un voyage

Le jeu. 13 mars 2025, 08:34, camille-slw a écrit :

Un mail

Bonjour,

Je suis allée le 7 mars à 47° N** à Mu**,
le livre un Carré de poussière d'Olivia Tapiero sortait ce jour
et je m'imaginais alors pouvoir le trouver directement en librairie.

Il n'y était pas car le distributeur prend son temps, m'a dit la libraire.
Alors j'ai cherché autre chose,
Alors j'ai trouvé Flâneries
et son petit papier glissé à l'intérieur
pour contribuer au prochain numéro
et la libraire en papotant m'a offert un badge associé.

Les spirales oranges ont attiré mon regard
Le sous-titre alors que je m'apprêtais à partir en voyage
Le feuilletage et ensuite
au café
les pages de cristal et tous les détails éditoriales
me donnent envie de pleurer
à la terrasse
sous le soleil.

Et la thématique du prochain numéro
Alors que j'attends la publication d'une contribution collective
où je voulais écrire un poème sur ma grand-mère et sa lenteur
le repos de ses douleurs sur les bancs publics
où elle rencontre
la publication est en retard
et j'y ai écrit d'autres choses
car on crée-théorise avec mes amies handies et malades chroniques et fols
la lenteur
le refus
la patience
le silence
comment des êtres allongées voyagent ?

Et je suis retard,
car sur le petit papier glissé c'est indiqué
que le délai est le 2 mars
j'étais déjà en retard en trouvant Flâneries
à la librairie le 7 mars
et je voulais écrire vite un mail
pour demander si
la thématique octroyait un peu d'espace plus loin
pour envoyer quelque chose
puis il y avait
un micro-voyage féministe pour le 8 mars à St**
et ses contre-coups d'énergie organisationnelle
puis il y avait
la préparation d'un voyage à Lyon
où j'ai mis mon vélo dans le train
une grande première
et il y a d'autres trajets à prévoir ces prochains mois
en prenant le temps
du corps fourbu.

Alors je suis arrivée à bon port aujourd'hui
pour écrire et demander :
Est-il trop tard pour la lenteur ?


Des écrits et des photographies à la volée

Un mail avec dossier .zip

20250316_142100
20250316_145109
20250316_151616
20250316_164500
20250316_165401
20250316_200407
20250316_203700

et des photographies vue de haut des feuilles volantes, ci-après scannées et retranscrites pour + de lisibilité


3. Une mise en page html-css

Feuilles volantes scannées


Une retranscription des feuilles volantes

feuille volante du 8 mars 2025 à 3:33
au bureau de la piaule atelier fermée pour
laisser la fenêtre grande ouverte, le chat
ne dort pas et empêche mon sommeil.
     647ppm 15°C 48% humidité
je suis en compagnie de Pilea
repotée il y a quelques jours ou semaines
je l'arrose en spray jaune
ses feuilles sèches comme ma peau
elle fleurit on dirait
il y a la matriarche et son presque tronc
et ses filles ses soeurs à ses côtés
et un hibou en bois avec elles
ou bien est-ce une chouette.
qui a été découpée à l'hôpital
psychiatrique de Tours
par je ne sais qui ~2010 ?
on me l'a offert ou donné ou je l'ai ramassé
et depuis il est là.
et la terre depuis des années mange son bois
sa base.

---


FLÂNERIES #3 la lenteur

2025_03_16 14:23

je suis dans un parc à Lyon entre Part-Dieu, Félix Faure
 depuis Montesquieu jusqu'à Villeurbanne.

j'ai mon vélo
     mon sac à dos vert
     mon sac en toile "le grand renversement"
     
je suis escargot tortue écureil abeille
  et les oiseaux chantent
  
j'ai des cartes postales à écrire
  et ma grand mère à appeler
 j'aimerai lui proposer de co-écrire
 			conversant
 			marchant
    sur la plage au bord de l'océan.
   qu'elle me raconte les bancs publics
      comme petit remède à ses douleurs chroniques

mais je suis en retard
avant j'étais en avance
toujours en décalage
dans mes flâneries je collectionne les graffitis
   les expressions libres et pseudo-anonymes
  sur le web aussi et je pense souvent à celui-ci
     NO COPS NO JAILS NO FUCKING LINEAR TIME

je flâne en spirales
    à vélo en zigzag
 jamais tout à fait loin de l'errance
      nomade ou vagabonde
     les baluchons en sentiments de fin du monde
  l'ermite et ses cents pas
     une boucle dans la ronde
 comment ne pas trop dévier de sa route
je suis en transition
 je prends mes marques
  puis
 je prends mes aises
  puis
 il faut partir ailleurs, on ne sait pas trop où encore

je flâne sans écrire
 pendant ma résidence autoproclamée
chômeuse professionnelle cela n'existe pas
 me voilà donc écrivaine
 à la bibliothèque publique
 où l'on peut choisir son statut-rôle-fonction
 en attendant de se choisir un nom.
 
 les oiseaux piaillent dans les arbres aux fleurs roses.
  les jeux des bons enfants sont décorés d'animaux
  	une abeille au sol
  	un renard
  			à bascule / ressort.
  	et un écureil

le stylo et l'écriture manuscrite réveille quelques douleurs.
 je suis en retard
  car
 on m'a prescrit une sieste contre le mal de tête
  une combo médicamenteuse en fermant les fenêtres
   les rideaux rouges épais puis orangés fins face à la lumière
   							blanche
dans le quartier que je viens de quitter
 j'ai cotoyé deux cafés
 j'ai envie d'y retourner
   bientôt
 pour continuer à le cartographier
   mais
 j'ai pour projet une autre cartographie
 		d'une autre ville
   Mulhouse.
   
deux enfants viennent jouer
 accepter les interruptions pour faire des pauses.
 hâcher et compartimenter le temps et ses horaires
 pour réguler son énergie, sa stamina
 face à l'émerveillement des flâneries
  et ses rechutes de mélancolie.
les pétales virevoltent comme l'attention
	portée par le vent.
tout en haut d'un immeuble sur un balcon ou une terrasse en toît
  il y a des arbres
  		proches du ciel bleu nuageux.
  			 
je porte deux paires de chaussettes et mes chaussures de maraude
 un pantalon d'un beau-père taché de cambouis
 un débardeur légué par Sarah, un tshirt jaune avec des ananas
 un pull marron doux Comptoir des Contonniers acheté hier à un
 vide dressing, un sweat à capuche gris Chaperon rouge orange, un 
 kway bleuvert clair acheté hier, une polaire épaisse de 
 marin marron et un foulard aux mêmes teintes offert par 
 ma mère.
je suis bien équippée même si je ne sais pas encore où je vais.
 peut-être va-t-il pleuvoir
  la feuille volante se terminer bientôt
   il est bientôt 15h, c'est dimanche.
   je vais observer le bal des oiseaux en vol
   	 puis me réfugier

---

Ville Morte 16:07 dimanche 16 mars 2025
au Filanthrope bistrot de quartier
ici la Ville Morte
c'est Lyon
ailleurs
c'est
mulhous
mulhous
mulhouse
68100
Haut-Rhin
Alsace
Grand Est
je veux
écrire
une
cartographie cimetière de Mulhouse
The Best City in the world       un TROU NOIR

---

FLÂNERIES #3 la lenteur

2025_03_16 17h17

je suis à la terrasse d'un café frisquet
  après un chocolat chaud
  avec une tisane jaune : gingembre citron
  					et un peu de sucre
je garder pour plus tard
					les bonbons au caramel

tout à l'heure à l'encre noir
    je ne savais pas encore tout à fait
      où j'allais dormir ce soir
    de nombreuses possibilités
    permises par les amitiés
    celles qui circulent.
  maintenant je connais le nid où j'irai
  				veiller
  			déposer
  			  mes baluchons
  			reposer
  			  mes articulations
  			ranger
  			  mes déambulations

  l'encre rose est fatiguée

  elle a trop gribouillé

  à la terrasse du café

  sur le zine Ville Morte.

  l'encre verte prend le relai

  avec les tortues en cohorte

  elle respire.

  elle inspire

  le souffle des feuilles
  		douces et dansantes
  
  les lumières - lampions - lampadaires s'allument
  
    face au ciel gris de nuages
    
    des loupiotes
    
  sous la feuille volante,
  			un livre
  				 TOUPIE.
  				 
  TOUPIE
  		dans un intercalaire en plastique
  		
  		intitulé au marqueur : Recherche	ESS
  		
  		dedans avec
  		
  		des papiers d'une école doctorale
  		
  		à propos de
  			SAVOIRS à LA MARGE
  			  	&
  			    FAIRE COMMUN
  					    
  		c'était l'hiver mi-décembre à Mulhouse
  				  	à l'université de Haute-Alsace de la Fonderie
  				  	au laboratoire SAGE
  							Sociétés,
 							Acteurs,
  							Gouvernement
  							en Europe.
  											
  		au dos des feuilles du programme détaillé
  		
  	un alphabet arabe
  		
  		noté aux urgences
  			 à l'hôpital	_ dans la rue, on dit que c'est une
  			 dans l'attente			la zone		boucherie
  		
  	la veille j'ai rencontré pour la 2e fois Hayat
  	  j'ai fait une sieste en sa présence au café
  	 la première fois
  	 je lui ai demandé
  	 si elle parlait français.
  	 oui, et elle parle aussi arabe
  	 comme mon amie, sa fille, Sarra
  	 comme Mohammed, à Mulhouse pour l'instant
  	 trois Buma parlent arabe
  	 alors j'apprends.
  	 
  	 Bientôt, j'irai quelque part où on parle arabe
  	 j'attends la création d'un passeport
  	  une nouvelle pièce d'identité administrée
  	  					pour voyager
  	  					     flâner
  	  					     errer
  	  							 
  	  									 
  	  					     17:37