Une photo 1:1 (format carré), sur la droite une plante qui grimpe sur deux tuteurs et a hauteur sur une étagère en bois à gauche, quatre objets en forme de hibou / chouette / poule selon les regards

on est en mars 2025 dans une nuit calme
ces derniers jours le soleil a rendez-vous avec la lune
et la lune est là


une grande respiration
un grand souffle
pour aérer l'océan
les marins malfrats

soupirent
lentement
ils disent: 
> dépêche doucement










tu te drapes de silence ému
à la lueur d'une bougie
tout simplement




encore
un souffle
retenu
le temps de
le souffle
à l'intérieur de ton corps
ému
doucement
tu respires
le silence
et les pas feutrés d'un chat


il est curieux
cet bestiole nocturne
comme les Buma
tu en accueilles
les hiboux-chouettes-poules
aux vernis bleu nuit
pour la pluie-mélancolie





sur la terrasse ou bien c'est un balcon
haut
presque le vertige
les lumières et la lune
sur la ville
un bout de son quartier



emmitouflées
par la fumée
de l'air frais


par la rassurance



et les rires





les souvenirs d'avant
les projections d'après
le temps qui passe avec ses années
ses âges
les saisons changent
vous avec



chez une Buma absente et là
elle prête
son lieu
de recueil

deux autres Buma
papotent
sur les chaises de la cuisine
dans le couloir dehors

elles grignotent des biscuits qui circulent
elles aussi à la lueur d'une bougie
tout simplement

les ombres dansent 
les reflets dansent
les cheveux dansent
vous avec
assises
à écrire
par la conversation 
les Buma font des confidences
à la nuit-mélancolie avant minuit
elles se repèrent dans le noir ou presque
les yeux grands ouverts
même derrière les paupières fermées
elles s'endorment parfois en pleurs
elles se réveillent parfois en larmes
les Buma nocturnales de toutes générations
de tous paysages
mes amies Buma, mes aïeules Buma
auprès de moi
même quand elles ne sont pas là
une présence qui raffermit l'existence
la tienne aussi
elles voyagent et migrent les Bumas
toujours des sacs
à préparer
des trousses
à remplir
des valises
à déballer
des trajets
où s'oublier

chères Buma
merci 
l'oeil écarquillé ébahi 
à travers les trous noirs
il éclaire
il guide
la tête tourne
les griffes se resserrent
les Bumas crient
toutes de plumes vétues